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Les petits ports du XVème à 1914, Lorient 1er février 2008

Présence d’un professeur invité Amélia POLONIA (Portugal)

Arguments

L’historiographie a toujours privilégié les grands ports dans une perspective d’Histoire par en haut. Les travaux sur le cabotage et les sociétés littorales, initiés notamment par G. LE BOUEDEC et G. BUTI, ont démontré le rôle essentiel des liaisons intermédiaires et le dynamisme de la poussière portuaire au service du tissu économique et social littoral. Les études à l’échelle locale permettent de corriger le regard porté sur ces petits ports dans le cadre d’étude macro-économique. Il ne s’agit pas de les isoler car l’emboîtement des échelles est évident, mais d’en tenter une cartographie, de les replacer au coeur de l’économie et la société locales, de montrer qu’ils constituent un enjeu de pouvoir. Surtout, si la référence aux petits ports et à la poussière portuaire est fréquente, il n’en demeure pas moins qu’il nous manque une approche plus conceptuelle et qui prenne en compte l’évolution sur le temps long.

Il ne s’agit pas de l’isoler – l’emboîtement des échelles est évident –mais de le replacer au coeur de l’économie (nature des échanges, des productions,…) et de la société locale, de montrer qu’il constitue un enjeu de pouvoir.

Le petit port et ses usages

Les équipements portuaires pour l’exploitation de l’estran
Les usagers du littoral ont procédé à des aménagements de production, de prélèvements et de collecte de la ressource primaire. Le prélèvement de sable et de maerl, la collecte de goémon n’ont guère exigé d’équipement et les rampes d’accès furent aménagées tardivement.
Les petits ports de pêche
Le prélèvement halieutique, en dehors des pêcheries d’estran et d’estuaire, n’exige guère d’aménagements sur le littoral pour les flottilles de pêche. L’échouage sur la plage, ou entre les rochers, dans un site abrité, a fait longtemps office de port. C’est le traitement à terre du poisson qui est à l’origine d’aménagements. Dans les ports harenguiers et sardiniers, ce sont les ateliers de décaquage et recaquage, les saurisseries, les presses qui constituent les équipements à terre. Avec l’industrialisation du traitement du poisson au XIXe siècle, l’empreinte de l’activité halieutique est double. Non seulement l’infrastructure à terre est d’une autre ampleur, surtout si l’on prend en compte l’urbanisation qui accompagne la construction des conserveries, mais l’équipement à la mer devient une réalité. L’intensification des mouvements des flottes qui viennent débarquer leur poisson va exiger l’aménagement de cales voire de quais, mais il faut souligner que l’échelle même de l’activité fait que ce sont les initiatives privées des conserveurs ou des marins qui sont à l’origine de ces équipements, même s’ils ont reçu l’aval des autorités à condition que leurs usages soient publics.

Les petits ports de cabotage

La poussière des ports de cabotage portés par de petits arrière-pays producteurs de céréales, de sel, de vin et de bois ne sont que des havres d’échouage ou des mouillages situés dans les fonds d’estuaire ou dans des rias, dans des calanques, des plages ou « marines », au fil de l’eau si la navigation amont est possible. Ils se sont fortement développés à la faveur du désenclavement européen et ils ont largement profité de la dynamique impulsée par la mondialisation des échanges aux XVIIe et XVIIIe siècles tout en passant sous la dépendance des grandes unités portuaires. La reconfiguration des échanges et la révolution des transports maritimes au XIXe siècle ont largement contribué à la marginalisation de ces petits ports. Or, il ne faut pas sous-estimer la survie jusqu’à la Première Guerre mondiale de cette poussière portuaire, en dehors certes des grands circuits d’échanges, mais au service exclusif d’une économie de proximité. En outre, le développement des activités balnéaires et la promotion de la plaisance sont à l’origine de nouveaux petits équipements portuaires ou ont assuré la pérennité d’anciens petits ports déclassés.

Le petit port et la société locale

Or le petit port est un véritable miroir de la société locale, un révélateur du fonctionnement de celle-ci. La ville et le port sont intimement liés. Les équipages sont paroissiaux et c’est la mobilisation d’un microcapitalisme local qui permet le développement des flottes de caboteurs ou de pêche. La trajectoire de ces petits ports, au gré des changements d’orientation sinon de profondes mutations, traduit la dynamique sociale des acteurs locaux. Les aménagements portuaires, si modestes soient-ils, révèlent des tensions locales, l’avenir de ces petites villes ports paraissant dépendant de la pérennité du port.


PROGRAMME DE LA JOURNÉE

Matinée (9h -12 h 30) : Les petits ports sur la façade maritime méditerranéenne.

9h15 -9h45 : Gilbert BUTI, Professeur, (MMSH, TELEMME-CNRS- Aix-en-Provence) : De discrets points d’échanges : ports secondaires et poussière portuaire sur le littoral méditerranéen (XVIIe – XIXe).

9h45 10-15 : Patricia PAYN-ECHALIER, Docteur en histoire, (MMSH, TELEMME-CNRS Aix-en-Provence) : Le port d’Arles et le delta du Rhône (XVIe – XVIIIe siècle)

10h15-10h45 : Laurent PAVLIDIS, Doctorant, (MMSH, TELEMME-CNRS Aix-en-Provence) : Petits ports et chantiers navals en Provence (fin XVIIIe - début XXe siècle).

Questions et échanges

Les petits ports sur le littoral portugais.

11h15-11h45 : Amélia POLONIA, Professeur invité, Université de Porto : Étude de cas : le petit port de Vila Do Condé à l’époque moderne.
Les Petits ports en Mer Baltique.

11h45-12h15 : Pierrick POURCHASSE, Maître de conférences (CRBC-CNRS-UBO) : Les petits ports, acteurs essentiels du dynamisme de l’espace baltique au XVIIIe siècle.

Questions et échanges

Après midi (14h -17 h30) : Les Petits ports sur la façade Atlantique française.

14h-14h30 : Thierry SAUZEAU, Maître de Conférences, GERHICO- Université de Poitiers : Les petits ports animateurs de l’économie maritime de la Seudre et des perthuis.

14h30-14h50 : Gérard LE BOUËDEC, Professeur, CERHIO/Solito, CNRS, Université de Bretagne Sud : Les petits ports de la façade atlantique : étude de leurs fonctions sur le temps long du XVe au XIXe siècle

14h50-15h10 : Christophe CÉRINO, Ingénieur de recherche, CERHIO/Solito, CNRS, Université de Bretagne Sud : Étude cas : Le port du Palais (Belle-Île-en-mer) : un port insulaire entre pêche sardinière et animation d’un réseau portuaire en Bretagne-Sud.

15h10-15h30 : Julien AMGHAR, Docteur en histoire CERHIO/Solito, CNRS, Université de Bretagne Sud : Une étude de cas : Essor et déclin d’un petit port en Finistère : le port du Fret dans la presqu’île de Crozon 1850-1950.

Questions et échanges

16h-17h30 : Débat : essai de définition et de caractérisation du petit port.

Mots-clés

Journée d’études , Lorient