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28 avril 2017 | Journée d’étude | UA

par Admin CERHIO - 20 mars

Faux et usages de faux

Histoire comparée des cultures et des sociétés européennes
10h-17h30

Le groupe de recherches sur l’Histoire comparée des cultures et des sociétés européennes du CERHIO à l’Université d’Angers se propose d’analyser la formation des consciences, identités et représentations collectives caractéristiques de l’espace européen entre époques ancienne et contemporaine en valorisant spécialement l’étude des documents écrits et iconographiques.

Faux et usages de faux

Débusquer la forgerie demeure l’une des tâches principales incombant à l’historien du texte. Mémorables pour certaines, telle la dénonciation de la donation de Constantin par Lorenzo Valla, de nombreuses révélations en la matière ont marqué l’histoire de la critique documentaire et contribué à préciser l’épistémologie propre à la discipline.
Ce travail réclame d’être toujours poursuivi, tant l’inventivité des faussaires est grande, les motivations diverses et la réalisation habile. Ainsi l’historien est-il invité à toujours entretenir une vigilance à l’égard des écrits qu’il entend exploiter. Mieux, ceux-ci, lorsque leur fausseté est avérée, deviennent, malgré eux le plus souvent, de passionnants objets d’étude : il s’agit alors de retracer les motivations qui ont présidé à leur création, les lieux et les acteurs de leur réalisation, les modalités de leur diffusion, leur utilisation parfois dévastatrice (on ne peut sans frémir penser aux Protocoles des sages de Sion), les difficultés et les contestations qu’ont rencontrées ceux qui ont sapé leur crédibilité prétendue. Le processus à l’œuvre conduit même à s’interroger sur l’information fiable dont ils sont porteurs, au su ou à l’insu de leurs fabricateurs. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la recevabilité longtemps tenue du faux dévoilé oblige à mesurer avec exactitude sa part de vraisemblance, ou si l’on préfère, son adéquation avec les connaissances du moment, les pièces consultées, l’information exploitée. Cette insertion dans une forme de réalité projetée n’exclut pas même que des bribes d’exactitude aient été tissées avec le fil de l’invention masquée. Ainsi, le faux est-il pour l’historien un singulier objet tout autant susceptible d’être questionné sous de multiples angles que de questionner l’homme de métier sur sa matière et sa pratique.

Journée d’étude organisée par Philippe Blaudeau Télécharger le programme


Colcanopa (dessinateur), journal le Monde 13 septembre 2011, avec l’aimable autorisation de l’auteur

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