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17 novembre 2017 | Workshop international | Le Mans

par Admin CERHIO - 27 septembre

Traîtres – renégats – rebelles. Armes discursives et figures sociales de la déloyauté (Europe, 15ème-19ème siècles)

Workshop international – Le Mans – 17 novembre 2017

Coordonné par Rachel Renault (Le Mans Université) et Sébastien Schick (Université Paris I Panthéon-Sorbonne)


Prenant la suite des travaux de la sociologie de l’action , les historiens ont insisté, ces dernières années, sur la multiplicité des rôles sociaux incorporés par les agents à l’époque moderne, et sur l’importance de ces rôles dans la détermination de leurs actions : de l’élite politique aux simples roturiers, ils étaient tous sujets d’un prince, membres de corps, de communautés, ou de corporations, fidèles d’une religion, et insérés dans un ensemble de relations sociales de parenté, d’amitié, de clientèle et de patronage qui structuraient en profondeur leurs vies ordinaires et leurs comportements . Or, on sait aussi à quel point ces différents rôles, et les devoirs qui leur étaient associés, pouvaient entrer en contradiction les uns avec les autres : il n’était pas rare de s’opposer à son prince pour des raisons religieuses , de suivre son patron ou son ami dans une révolte face à ce même prince , ou de préférer la fidélité à la communauté villageoise au détriment du prince ou du seigneur .

L’historiographie a de longue date étudié la figure du traître, que ce soit à travers celle de l’espion, de l’ennemi de l’intérieur, du rebelle ou du faux-converti. En revanche, elle a moins fréquemment articulé entre elles ces différentes figures de l’infidélité. Elle a également rarement porté attention à la manière dont ces catégories étaient construites et mobilisées. Or, elles ne sont appliquées ni de manière uniforme, ni de manière systématique à toutes les situations où un agent choisit une fidélité plutôt qu’une autre. Enfin, si les trahisons éclatantes des Grands ont fait l’objet de nombreuses analyses, nous pensons qu’il est également essentiel de les mettre en regard des trahisons ordinaires intervenant « au ras du sol », dans les villes, les villages et les communautés.

Nous souhaitons donc interroger les configurations politiques et sociales dans lesquelles ces figures émergent et dans lesquelles ces désignations atteignent ou non leur but. On s’interrogera donc à la fois sur les moments particuliers où ces rôles, qui souvent coïncident, entrent en discordance, et sur la manière dont sont qualifiés les choix qui sont alors faits. Lors de ces conflits apparaissent en effet les figures rhétoriques et sociales du traître, du renégat et du rebelle. S’il était, dans certaines situations, parfaitement accepté socialement et légitime politiquement de changer de patron, de rompre son amitié, de se convertir, de désobéir à son prince , pourquoi ces choix sont-ils parfois qualifiés dans l’ordre de la trahison ? Tantôt, ces catégories semblent n’avoir aucune efficacité ; tantôt au contraire, elles atteignent leur cible, et discréditent les individus visés.
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