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Accueil > Activités scientifiques > Activités antérieures (2008-2015) > Année 2009 > Colloque "L’Europe centrale au seuil de la modernité (Autriche, Bohème, Hongrie et Pologne, fin du XIVème siècle - milieu du XVIème siècle). Mutations sociales et culturelles" > Contexte et objectifs

Contexte et objectifs

Exposé de la thématique

La période s’étalant de 1400 à 1550 environ constitue un moment décisif dans le processus qui conduisit l’Europe centrale – ou plus exactement centro-orientale – à s’écarter peu à peu des modèles occidentaux pour adopter des formes d’organisation sociale et politique emprunts d’un certain archaïsme. Plus à l’Ouest, les « malheurs » des XIVe et XVe siècles avaient renforcé l’État (royal), revigoré la bourgeoisie urbaine et épuisé la noblesse traditionnelle ; ce qui permit aux souverains de s’engager sur la voie de l’absolutisme et d’opérer au fil des siècles une « modernisation par le haut ». L’Europe du Centre-Est traversa une crise similaire après 1450 seulement, alors que les problèmes de succession (en Hongrie) et la révolte hussite (en Bohème) avaient affaibli la royauté et que la faiblesse de son économie urbaine la plaçait déjà en position marginale dans les échanges européens. Touchée de plein fouet, la noblesse locale fit porter le poids de la récession sur les paysans, qu’elle plongea dans un état de servitude comparable à celui des paysans russes. L’ambiguïté – le drame aussi – venait de ce qu’elle prétendait, non sans légitimité institutionnelle, incarner la voix de l’ensemble des habitants (la « nation ») et soumit du coup le souverain à un véritable pacte instaurant un régime d’ordres. Forte de cette position, elle fit avorter les premières tentatives de renforcement du pouvoir monarchique (sous Mathias Corvin, puis en Pologne sous la « république de la noblesse ») et entérina l’extension du « second servage ». L’Europe centrale avait raté le virage de la modernité.

L’objectif de ce colloque est de comprendre les raisons de cet échec, et plus largement celles du relatif « sous-développement » dont a souffert la région jusqu’à une date très récente. Il se limitera pour cette fois aux domaines sociaux, religieux et (plus largement) culturels – envisagés soit séparément, soit dans leurs liens réciproques. Les autres aspects (concepts et pratiques politiques et diplomatiques, tendances démographiques et économiques, courants littéraires et artistiques, etc.) pourront faire l’objet de prochaines rencontres s’inscrivant dans un cadre spatio-temporel sensiblement identique.

Les intervenants ont été invités à centrer plus particulièrement leur réflexion sur les deux axes suivants :

- sur le plan social : faut-il vraiment imputer le retour aux formules du passé à la noblesse, ce groupe de plus en plus étoffé et revendicatif que l’on accuse (un peu vite ?) d’avoir empêché l’Europe centrale d’entrer dans la modernité tant elle était aveuglée par l’obsession de tenir son rang ?

- sur le plan de l’évolution culturelle, autrement dit intellectuelle et religieuse : inversement, n’est-ce pas en Europe centrale que sont nés ou se sont diffusés précocement les courants porteurs de modernité (hussisme, humanisme, tolérance religieuse, promotion de la langue vernaculaire), tandis que déclinait l’idéal de la Croisade qu’avait entretenu pendant des siècles sa position de bastion de la Chrétienté ?


Comité scientifique :

- Jean BÉRENGER, professeur émérite d’Histoire moderne à l’Université de PARIS-IV – Sorbonne
- Sándor CSERNUS, professeur d’Histoire médiévale à l’Université de Szeged, Hongrie
- Gábor KLANICZAY, directeur du Department of Medieval Studies, Central European University, Budapest
- Jerzy KŁOCZOWSKI, professeur émérite d’Histoire religieuse à l’Université catholique de Lublin, Pologne
- Beatrix ROMHÁNYI, professeure d’Histoire et d’archéologie modernes à l’Université calviniste de Budapest

Mots-clés

Colloque , Histoire moderne , Autre (France)