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Rencontres de Binic 6 et 7 mars 2009

Rencontres entre le CERHIO (UMR6258) et le CRBC (EA UBO Brest)

Résumé des interventions

Claire Garault (université de Rennes 2 – CERHIO) : De l’espace profane à un territoire sacré. Étude d’un corpus hagiographique breton (Tréguier, XIe-XIIe siècle)

Depuis une quinzaine d’années, les recherches sur l’espace se sont multipliées, en particulier en histoire médiévale. Certains historiens du Moyen Âge se sont désormais appropriés les concepts de la géographie : espace, territoire, limite, centre/périphérie, nature, paysage, etc. et ont posé le concept de spatialisation du christianisme. Nous proposons ici d’interroger un échantillon de Vies de saints bretonnes rédigées dans le diocèse de Tréguier pour essayer de saisir la manière dont les hagiographes écrivent et décrivent cet espace. Nous nous interrogerons à cette occasion sur les deux concepts d’espace et de territoire et sur la façon dont nous pouvons les appliquer à nos sources narratives. L’exercice d’écriture auquel s’applique l’hagiographe comporte quelques règles à respecter et quelques topoi à insérer. En outre, l’auteur intègre aussi ses propres représentations de l’espace, tel que les hommes du Moyen Âge le considéraient, c’est-à-dire un espace assez discontinu, voire hétérogène, mais polarisé comme l’ont montré plusieurs chercheurs (Alain Guerreau, Michel Lauwers). L’hagiographe finit donc par créer sa propre représentation de l’espace dans lequel il fait évoluer le saint, tout en satisfaisant un certain nombre de contraintes. L’espace perçu à travers les récits hagiographiques est empreint d’un fort symbolisme qui répond aux exigences (politiques, religieuses, culturelles,…) de l’hagiographe et plus largement de la communauté à laquelle il appartient et pour laquelle il écrit. On pourra se demander si cet espace lié au monastère ou au diocèse peut alors devenir un territoire sacré.


Jean-Marie Le Gall (université Rennes 2 - Cerhio) : Une Renaissance barbue

« Aujourd’hui, les occidentaux se font raser », peut-on lire dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. La deuxième moitié du XVIIe siècle et le XVIIIe siècle furent des périodes de visages glabres où le barbu et le barbon furent dépréciés. Ce visage imberbe était aussi assez fréquent au XVe siècle. En revanche entre le début du XVIe et le milieu du XVIIe, on assista à une renaissance de la barbe. D’innombrables portraits l’attestent mais aussi de nombreuses notations incidentes ou des dissertations académiques fournies par les contemporains. Ces textes permettent de saisir ce que porter la barbe a pu signifier alors pour ces Européens. C’est l’objet de l’enquête dont je compte présenter un état des lieux provisoire.


Claire Dolan (université Laval, Québec) : Les notaires et la notion de faux au XVIe siècle

La notion de faux au XVIe siècle correspond-elle à la nôtre ? Bien que le crime de faux ait été défini par les juristes et que la menace de poursuite pour ce crime ait accompagné la plupart des édits concernant les offices de notaires ou de procureurs, la pratique des notaires provençaux invite à approfondir les rapports que ces derniers entretenaient avec la vérité des faits dans le cadre de leur pratique.
La présente communication prend appui sur l’utilisation, par les notaires provençaux, de la « déclaration ». Cet acte que l’on retrouve très fréquemment dans les registres notariés du XVIe siècle se réfère souvent à un autre acte notarié dont il corrige le contenu. Parfois consignée immédiatement après l’acte corrigé, la déclaration rétablit la vérité des faits que l’acte principal (un contrat de mariage, une dette, etc.) avait malmenée. Correction du montant réellement payé, correction concernant les personnes réellement impliquées, il ne s’agit pas de réparer une erreur, mais de dévoiler ce qui ne pouvait être dit dans l’acte principal. Le notaire se prête ainsi à ce que nous considérerions aujourd’hui comme un travestissement de la vérité. Et pourtant, jamais on ne l’accuse de faux pour avoir utilisé cette pratique. La notion de faux est aussi en jeu quand on considère la pratique du prête-nom, dont rendent compte aussi les « déclarations ». Cette pratique du prête-nom, conspuée entre autres par les communautés qui veulent protéger l’exclusivité de leurs privilèges, n’est pas formellement considérée comme un crime de faux.
Pour interpréter la place donnée à la vérité des faits dans les actes notariés du XVIe siècle, je propose de l’analyser en fonction d’une autre attitude, dont l’importance au XVIe siècle mérite d’être mise en évidence : le secret.


Youenn Le Prat (École Navale, Brest - CRBC) : Chant de tradition orale et mémoire politique : l’exemple d’Ar Volonter

Cette intervention vise à rendre compte d’une recherche menée autour d’un chant en langue bretonne collecté par François-Marie Luzel en 1863, "Ar Volonter." Celui-ci présente plusieurs caractéristiques intéressantes : il se rapporte à un événement précis, un combat naval ; il provient du sud-ouest du Pays Bigouden, véritable angle mort en matière de collectage jusqu’aux années 1930 ; enfin – et surtout – le ton en est résolument politique, et plus précisément à forte coloration patriotique et républicaine. Nous avons cherché à mesurer la valeur de ce chant comme source de la connaissance historique en adoptant une démarche qui s’articule en deux temps : tout d’abord, en menant une critique de véracité par la confrontation à un faisceau de sources écrites, ensuite, par une analyse du chant en tant qu’il est porteur de représentations qui ressortissent ici très nettement au politique et s’inscrivent dans une durée de deux siècles. Nous tenterons également de mettre en perspective cette recherche particulière en nous appuyant sur la thèse d’Eva Guillorel soutenue en décembre dernier.


Ollivier Hubert (université de Montréal et Centre interuniversitaire d’études québécoises) : Vers une histoire des collèges classiques québécois : quelques pistes et quelques résultats

Les « collèges classiques » constituent un véritable lieu de mémoire pour les Québécois. Leur liquidation (officielle) dans les années 1960 aura été un fait marquant dans la construction de la mythologie de la « Révolution tranquille ». Certains considèrent que cette disparition est une cause et un symptôme d’un déclin culturel de la société entière. Pour d’autres, elle est plutôt le symbole de l’avènement d’un Québec nouveau, plus démocratique et plus moderne. Voici donc signalé un terrain fertile pour l’historien, appelé à cerner la généalogie d’une représentation sociale très précisément dessinée et partagée par les détracteurs comme par les laudateurs. Incapable de résister à son penchant pour la vérité, il voudra aussi découvrir si la mémoire des collèges classiques ne recouvre pas une histoire dont la mise au jour viendrait brouiller certaines certitudes.

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