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Accueil > Programmes et carnets de recherche > Archives > Contibution à l’histoire des SHS en Bretagne. La recherche coopérative sur programme de Plozévet (1961-1965). Son histoire, ses archives. > Présentation du projet

Présentation du projet

Ce projet porté par Bernard PAILLARD est soutenu par la Maison de la Sciences de l’Homme en Bretagne (MSHB - UMS 3122) au titre de sa participation au financement des activités de recherche.


Au début des années soixante, Plozévet, petite commune du Sud Finistère, accueillait une grande enquête interdisciplinaire en Sciences humaines et sociales, sans doute la plus grande du genre entreprise en France. Près d’une centaine de chercheurs auscultèrent les Plozévétiens sous tous les angles. Leurs travaux donnèrent lieu à des publications diverses, rapports, articles, thèses, livres, certaines d’entre elles ayant suscité quelques frictions avec une partie des « observés ». Et, à cette occasion, une vaste documentation fut constituée.

Pendant près de quarante années, ces recherches furent oubliées. Cela en dépit de la publication de ces ouvrages devenus des classiques de la littérature sociologique ou ethnologique. Cette amnésie semble préjudiciable. Car la chronique a surtout retenu ces contributions, au détriment des autres littératures. Or cinquante ans après, on peut être surpris par la multiplicité des thèmes abordés. On peut aussi s’étonner par leur diversité. La bibliographie de l’enquête, donnée par André Burguière à la fin de son ouvrage, illustre parfaitement l’ambition du projet et son côté quelque peu insolite : six grandes études démographiques et anthropobiologiques, recherches en géographie et en histoire, travaux d’ethnologie, enquêtes de sociologie et de psychosociologie, réflexions sur l’interdisciplinarité.

Première grande Recherche coopérative sur programme, la RCP de Plozévet est emblématique de la façon dont on concevait les recherches en sciences sociales et humaines à l’époque, sur les conceptions des rapports entre leurs différentes disciplines, sur la méthodologie des enquêtes de terrain et des rapports entre enquêteurs et enquêtés.

Quarante ans plus tard, comment apprécier l’expérience ? Le bilan est d’autant plus difficile à faire que depuis les années soixante les enquêtes de Plozévet furent complètement oubliées, les enquêteurs s’étant dispersés, chacun préoccupé par d’autres travaux.

Pourtant, Plozévet fut une expérience marquante, surtout pour des chercheurs y ayant fait leurs premières armes. Comme les autres RCP (l’Aubrac, la Châtillonnais, les Baronnies), Plozévet fut un vivier, le recrutement de jeunes chercheurs ayant permis de renforcer, voire de constituer des équipes. Et de développer de nouvelles problématiques. Mais, ce n’est qu’à bas bruit qu’on peut en mesurer l’importance, la majorité des écrits étant restée dans la clandestinité de la littérature grise. Et le fonds documentaire constitué lors de ces enquêtes est très important. Il constitue un rare témoignage de ce qu’était la France rurale bretonne des années soixante, alors en pleins bouleversements techniques et économiques. Malheureusement, ces documents sont largement inaccessibles.


Ce projet poursuit le travail inauguré en 2008 grâce au soutien de la MSHB (contrat : "Histoire et actualité de la Recherche coopérative sur programme de Plozévet" 1). Suite au colloque organisé en mai 2008, il se propose de développer les réflexions sur l’histoire de ces enquêtes, qu’il a permis d’introduire. Car, si à cette occasion certains points se sont éclaircis, on a pu aussi évaluer l’ampleur des lacunes de cette reconstitution historique. Sans doute, les chercheurs d’alors, qui étaient présents, ont pu témoigner et rassembler leurs souvenirs. Mais, ceux qui étaient regroupés n’étaient qu’une part bien minime de la centaine de chercheurs qui sont un jour passés par Plozévet. Mieux, ils n’étaient aucunement représentatifs de la diversité des disciplines ayant participé à l’enquête pluridisciplinaire. En particulier, les recherches en bio-anthropologie n’étaient pas représentées, la seule survivante ayant récusé l’invitation. Ce qui était aussi le cas de plusieurs autres touchés par la maladie ou affaiblis par la vieillesse. Et, bien sûr, on n’a pas pu convoquer les décédés qui, malheureusement, constituent la part la plus importante.

Prolonger le travail engagé exige donc de recourir aux archives. Or, malheureusement, celles-ci sont très dispersées dans diverses institutions (Musée de l’Homme, CNRS, EHESS, Universités, DGRST, etc.), chez les chercheurs ou chez leurs ayants droit. Elles sont aussi très diverses. À côté des archives "papier", il y a des sources sonores, photographiques ou audiovisuelles.

Aussi, rassembler, conserver, classer, indexer ces archives sont des tâches indispensables et préalables à l’organisation de leur mise à la disposition des chercheurs et à la numérisation certaines d’entre-elles.

Ce travail, que nous proposons ici, constitue la phase "Une" d’un programme devant se dérouler sur plusieurs années en liaison avec les différentes institutions concernées. Il s’incorpore dans le programme "Archives des Sciences humaines et sociales" (ARSHS) dans le cadre du réseau des Maisons des Sciences de l’Homme.

Il répond aussi aux objectifs de la direction des SHS du CNRS et à sa politique d’accès aux documents numérisés des SHS (TGE Adonis). Ce Très grand équipement entend fournir un accès unifié aux données numérisées des SHS, dont, bien sûr, les archives des recherches (mise au point d’un méta-portail).

Mots-clés

Rennes , Histoire contemporaine