Partenaires

CNRS
Logo tutelle Logo tutelle Logo tutelle



Rechercher

Sur ce site

Sur le Web du CNRS


Accueil > Activités scientifiques > Activités antérieures (2008-2015) > Année 2009 > Séminaires, Journées d’études et autres manifestations > Exposition "Le vin dans le pays de Landerneau des origines à nos jours"

Exposition "Le vin dans le pays de Landerneau des origines à nos jours"

Du 1er juillet au 14 octobre 2009 Salle Toull Kog

par Jean-Charles Sinaud - 22 octobre 2009

Thierry Fillaut a collaboré à la publication du catalogue de l’exposition organisée par le service du patrimoine de la ville de Landerneau.

De vignes en ville - Le vin dans le pays de Landerneau des origines à 1918, Ville de Landerneau, service du patrimoine, 2009, 52 p.



Le Vin aux sources de l’Histoire : les prémices d’un commerce

Les fouilles archéologiques de sites gaulois ou gallo-romains en Bretagne révèlent la présence de nombreuses amphores vinaires qui témoignent d’un intense trafic maritime et fluvial, dans lequel les vins du sud de l’Europe occupent une bonne place.

La vocation portuaire et commerciale du site de Landerneau est confirmée par la redistribution de marchandises vers son arrière pays comme l’attestent les traces d’amphores à vin d’Italie et de Catalogne retrouvées sur les sites archéologiques voisins.

Au Moyen Âge la culture de la vigne couvre des espaces beaucoup plus vastes qu’aujourd’hui, le vignoble breton ne cesse en effet de progresser jusqu’au XIIIe siècle. Le vin, produit sur place ou trafiqué par les marins et les marchands locaux, joue un rôle notable aussi bien dans la vie quotidienne des populations que dans le développement économique du pays. Son importance dans la civilisation se mesure notamment à la place qu’il occupe dans le système fiscal du temps.

L’essor du commerce du vin à l’époque moderne

Important depuis des siècles, le commerce avec les régions viticoles françaises, et notamment avec l’Aquitaine, s’amplifie lorsque vers 1660, Brest devient progressivement un des grands ports de la Royale et par là même un grand marché de consommation.

Les négociants en vins de Bordeaux envoient à Brest et à Landerneau, des commissionnaires pour contrôler un marché prometteur. Outre la marine, grande consommatrice de vin, les riches particuliers et les auberges représentent une clientèle importante. A Landerneau, une quarantaine d’auberges et une vingtaine de marchands de vin en gros vivaient de ce commerce au 18e siècle. Le vin est alors le premier produit d’importation des négociants de Landerneau qui ravitaillent tout l’arrière-pays ainsi que Brest. Hommes et femmes de la bourgeoisie négociante s’enrichissent de ce commerce, ce qui leur permet d’occuper des positions importantes parmi l’élite landernéenne.

"Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse !" : les Bretons et le boire (1830-1918)

« Le gros vin bleu et surtout la mauvaise eau-de-vie, voilà — aux dires du Dr Louis Caradec — le grand fléau qui vient ronger le peuple » au milieu du XIXe siècle.

Et il n’est pas le seul à le penser, tant le « penchant irrésistible à boire et à s’enivrer » des paysans bretons semble profond et ancré dans la tradition. N’est-ce pas, à en croire Audren de Kerdrel, « un vice… auquel la race bretonne est adonnée depuis des siècles » ?

Objectivement, les Bretons —surtout les bas-Bretons — apparaissent pourtant comme de modestes buveurs vers 1850. Mais leur goût prononcé pour l’eau-de-vie et l’ivresse en fait les archétypes de l’alcoolisme en un temps où, médecins en tête, les élites ont de cette maladie une vision restrictive. Il fallait changer leurs comportements : la lutte antialcoolique s’en chargera, au risque d’effets inattendus que l’on commence à observer dès la Belle Époque.

Post-scriptum :

Voir également la conférence autour de cette exposition

Mots-clés

Autre (France) , Toutes périodes