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Conflits et construction du politique (XIIIème - XIXème siècle)

Description et problématiques du projet

L’objectif de ce projet est d’étudier l’articulation entre la politisation et les conflits. En quoi les conflits permettent-ils la lente formation, au cours de six siècles, d’une sphère politique autonome à l’égard du religieux ? Réciproquement, en quoi le politique, au fur et à mesure de sa construction, apporte-t-il des solutions à des conflits qui, à l’origine, étaient d’une autre nature ?

Jusqu’à présent, ces phénomènes fondamentaux pour comprendre la genèse de notre rapport à la politique n’ont pas été étudiés sur la longue durée, mais seulement depuis la Révolution française. Or la politisation lui est bien antérieure. En effet, les conflits entraînent une dilatation du politique, suscitent des engagements et sont analysés selon des grilles de lecture proprement politiques. Ces phénomènes s’observent dès le 13e siècle, et se multiplient jusqu’à l’achèvement du processus de politisation, à la fin du XIXe siècle.
Ce projet rassemble des historiens médiévistes, modernistes et contemporanéistes parce qu’il s’inscrit dans une étude de longue durée. Mais il entend opérer de très larges ouvertures épistémologiques en direction de l’anthropologie, de la science politique et du droit. En effet, les conflits que nous envisageons d’étudier ne sont pas seulement ceux que l’on considère habituellement comme politiques : les conflits religieux, économiques, sociaux, militaires, idéologiques, culturels seront aussi appréhendés. Ils nécessitent donc d’être étudiés par des spécialistes issus de disciplines différentes et complémentaires. En outre, des collègues étrangers nous permettront d’effectuer de fructueuses comparaisons étendues à d’autres pays occidentaux.

Cinq axes de recherches ont été retenus :
- 1. L’entrée en politique en phase de conflit. Le processus d’engagement, qui semble aller de soi depuis la Révolution, n’était pas aussi évident sous l’Ancien Régime, car l’opposition relevait de la « lèse-majesté ». Il s’agit donc ici de comprendre comment se construit peu à peu la légitimité d’une intervention en temps de conflit.
- 2. La politisation des conflits. L’intrusion du politique dans les situations conflictuelles sera particulièrement fructueuse à étudier dans deux domaines : la religion et la justice. Ces recherches permettront de mieux connaître les médiations et les régulations qui sont mises en œuvre par le politique pour gérer les crises ou en sortir.
- 3. L’autonomisation du politique par le conflit. Cet axe vise à analyser la progressive structuration d’un débat et d’une pluralité politique, en envisageant les conflits comme un moteur essentiel de l’extension des formes de participation politique, bien avant la Révolution française.
- 4. Les conflits et les enjeux de pouvoir. Les conflits que l’on observe au sein d’un lieu de pouvoir (une institution, une assemblée, un gouvernement…) ne renvoient pas seulement à un jeu de factions, mais aussi à des clivages liés à des projets politiques antagonistes. Il s’agit donc de mesurer les interférences entre conflits privés et conflits publics
dans la genèse des complots, des trahisons et des procès politiques.
- 5. La guerre et la politisation. La guerre investit le champ politique et induit un nouveau rapport de l’État au territoire. Elle apparaît donc comme un facteur essentiel de politisation Nous avons choisi de focaliser notre attention sur la notion d’« ennemi héréditaire », car cette figure légitime la croissance de l’appareil d’État et sa quête de l’obéissance.

Ce projet sera mené à terme grâce à l’organisation de deux ateliers, trois journées d’études spécifiques et deux colloques qui se dérouleront sur une période de quatre années (2007-2010). Il s’appuiera sur des dépouillements systématiques de sources originales, qui seront mises en ligne. Les résultats de ces travaux seront publiés.

Plus d’informations auprès de :

- Laurent BOURQUIN


  • - Philippe HAMON