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Rencontres de Mur-de Bretagne, 16 et 17 mars 2012 - Modification du Programme et inscription

Attention, modification du lieu de cette rencontre

Programme

- Marie-Madeleine DE CEVINS (Rennes 2, CERHIO), Christianisme, royauté et identité nationale en Hongrie à la fin du Moyen Âge.

L’idée communément admise en Hongrie – et exploitée tout récemment encore par le gouvernement de Viktor Órbán – selon laquelle, dès le Moyen Âge, une alliance triangulaire aurait uni en Hongrie catholicisme, monarchie et nation, alliance qui formerait ainsi en quelque sorte la substance de l’identité hongroise, est-elle fondée ? C’est à cette question que j’aimerais apporter des éléments de réponse, à la lumière des acquis de la recherche et en ménageant des comparaisons avec les pays voisins. Pour cela, j’évoquerai successivement la situation du christianisme latin en Hongrie à la fin du Moyen Âge, les liens entre royauté et Église latine puis l’entrée en scène de la « nation ».
Trois ou quatre siècles après la conversion du peuple magyar et la fondation de l’Église hongroise, le christianisme hongrois ne se différenciait guère, dans l’ensemble, de celui qui caractérisait alors les terres de « vieille chrétienté », que ce soit en matière d’institutions, de croyances ou de pratiques religieuses – conformité de la hiérarchie ecclésiastique, « religion flamboyante » appliquant la logique de l’accumulation des suffrages, dévotion mariale et du Christ souffrant, etc.
Les rois de Hongrie ont entretenu, dès le règne de saint Étienne, des liens ambivalents avec la papauté romaine. Au fil des siècles, la position frontalière du royaume magyar leur permit de facto de conforter leur emprise sur une Église dont ils estimaient être les patroni, en échange de leur engagement pour la défense de la foi sur le terrain militaire. C’est en ce sens que l’on peut parler de gallicanisme « à la hongroise ».
En faisant de la Sainte Couronne une relique et en canonisant plusieurs membres de la dynastie arpadienne, l’Église a joué par ailleurs un rôle décisif dans l’émergence du sentiment national hongrois. Elle a également sacralisé la « nation » hongroise par le biais de la croisade contre les « Infidèles » : les Hongrois avaient reçu de Dieu une mission collective, celle de défendre la « vraie foi » – et plus largement, la civilisation contre la barbarie. Mais ce discours comportait un risque majeur, celui de possibles discordes entre le souverain, le clergé, les nobles et la masse des habitants quant aux moyens à engager dans la lutte


- Patrick KERNEVEZ (Université de Bretagne Occidentale), Les seigneurs du Léon du XIe au début du XVIe siècle.

Vers l’an mil, apparaît en Léon, à l’extrémité nord-ouest du duché de Bretagne, un puissant lignage vicomtal. Guyomarch de Léon et ses successeurs exercent leur pouvoir dans ce territoire périphérique, en marge de l’autorité des comtes de Rennes et de Cornouaille qui se succèdent à la tête de la principauté. Cette famille des vicomtes de Léon connaît son apogée au milieu du XIIe siècle, avant d’être soumise par Henri II Plantagenêt et son fils Geoffroy, puis par les ducs Pierre Mauclerc et Jean Le Roux : entre 1180 et 1240, ces princes lui confisquent successivement ses forteresses et ses châtellenies de Morlaix, de Lesneven et de Brest, et l’acculent à la ruine dans les années 1270. Une branche cadette, celle des seigneurs de Léon, est née à la fin du XIIe siècle : elle prospère autour de la vallée de l’Elorn et de Landerneau et possède plusieurs domaines dans la Cornouaille voisine. Suite à une habile politique matrimoniale, ces grands barons des ducs de Bretagne deviennent des vassaux directs des rois de France, grâce à leurs possessions percheronnes et normandes. En 1363 toutefois, la seigneurie de Léon passe par mariage dans la puissante famille des vicomtes de Rohan et devient un de ses fiefs périphériques, dévolu à leur fils aîné qui porte le titre de « seigneur de Léon ». Une documentation plus abondante permet alors, vers 1500, l’étude de ce territoire administré par des officiers chargés de collecter les revenus des différentes châtellenies, au profit de seigneurs qui n’y résident bientôt plus que de manière épisodique.


- Marie-Eve OUELLET (Doctorante en histoire en cotutelle, Université de Montréal et Université Rennes 2), « Et estant necessaire d’y pourvoir » : l’ordonnance au c ?ur des pratiques réglementaires de l’intendant en Bretagne et au Canada au 18e siècle.

L’ordonnance est l’expression privilégiée du pouvoir d’ordonner de l’intendant. Dans les provinces comme dans les colonies, il s’en rendait plusieurs par jour et sur tous les sujets. Au Canada, l’abondance de cette source a longtemps conditionné l’image de l’intendant, à qui l’on a reproché de s’immiscer dans tous les domaines de la vie des habitants par une réglementation frénétique et pointilleuse. Les ordonnances des intendants furent également critiquées pour leur vision à court terme. Dans une rare étude sur la police en Nouvelle-France, John A. Dickinson déplorait le manque de cohérence d’ensemble des ordonnances, tout en concédant que l’on ignorait encore les mécanismes exacts de l’élaboration des règlements. En effet, si les ordonnances sont un incontournable de toute étude sur le pouvoir colonial, la source en elle-même demeure largement incomprise. Se pourrait-il que l’on reproche aux ordonnances ce qui relève de leur nature même ?
En France, ces mécanismes d’élaboration sont mieux connus, notamment grâce aux travaux des historiens du droit qui révèlent une image plus nuancée du pouvoir réglementaire de l’intendant, modulé par ses interactions constantes avec les institutions provinciales et les autorités versaillaises. Si les travaux récents concluent à une relative homogénéité des procédures d’une province à l’autre, qu’en est-il du contexte colonial, où les communications avec Versailles sont très espacées et le paysage institutionnel plus dégagé ? La mise en relation des intendances du Canada et de la Bretagne permet de pallier les silences de leurs archives respectives et de décloisonner les contextes colonial et métropolitain pour s’interroger sur l’existence d’une pratique réglementaire commune. À l’aide d’un corpus d’ordonnances du début du 18e siècle, il s’agira de mieux cerner la nature de cette forme réglementaire et de voir ce qu’elle peut nous apprendre sur le travail de l’intendant de part et d’autre de l’Atlantique.


- Donald FYSON, La conquête du Québec et l ?adaptation mutuelle des Canadiens et des Britanniques. 1759-1775.

La conquête militaire de l’ancienne colonie française du Canada en 1759-1760, qui mène à son incorporation à l’Empire britannique sous le nom de Province de Québec, est l’un des évènements centraux de l’historiographie canadienne. Certains voient la Conquête comme suprême désastre pour la population « canadienne » (d’origine et de culture françaises), source de la minorisation actuelle du Québec francophone. D’autres présentent la Conquête comme acte de libération de l’absolutisme français, moment d’instauration des libertés britanniques et point de départ du Canada bilingue et biculturel de nos jours. La domination de ces deux écoles, « misérabiliste » d’une part et « jovialiste » de l’autre, a fait que les rapports réels entre conquérants et conquis restent souvent mal connus. Cette communication se concentre sur la nature de ces rapports pendant les premières années suivant la Conquête, avant l’adoption de l’Acte de Québec en 1774-1775. Il s’agit d’une période présentée le plus souvent comme simplement un temps de confusion et de conflit sur les plans politique, social, économique et juridique. Pourtant, c’est le moment clé de l’établissement des bases de la relation entre Canadiens et Britanniques, relation qui est caractérisée avant tout par l’adaptation mutuelle fondée sur des bases pratiques et utilitaires. Comme c’est souvent le cas lors des changements de régime, ni la perspective misérabiliste, ni le point de vue jovialiste ne suffisent pour expliquer la réalité empirique observée sur le terrain.


- Mathieu Pichard : Mathieu Pichard-Rivalan - Rennes, naissance d’une capitale provinciale (1491-1630) : le problème de la localisation du conseil et chancellerie de Bretagne

Entre la fin de la guerre franco-bretonne (1491) et le début du règne personnel de Louis XIII, la ville de Rennes et la province bretonne connaissent un moment de redéfinition des réalités politiques et au-delà, socio-professionnelles. Les formes du débat entre la ville et la monarchie se modifient en même temps qu ?apparaît une lutte entre les grandes villes de l ?ancien duché (en particulier Rennes et Nantes) pour la reconnaissance du statut de « capitale de la Bretagne », statut qui implique, dans l ?esprit des élites, l ?obtention des séances des grandes cours provinciales, en particulier le conseil et chancellerie puis le parlement. Grâce aux documents d ?archive conservés, et dans un contexte de renouvellement historiographique fort, il est désormais possible de comprendre les conséquences de ces modifications institutionnelles sur la composition sociale et professionnelle de la municipalité rennaise, et inversement. Le long affrontement entre Rennes et Nantes pour tenter de s’approprier les séances du conseil et chancellerie de Bretagne, entre 1498 et 1544, enrichit notre connaissance sur la lutte spatiale des villes modernes pour ces institutions, sur le fonctionnement interne et la sociologie de ces organes de pouvoir provinciaux et plus généralement sur les formes que prend le dialogue entre les villes et les institutions monarchiques locales ou centrales au XVIe siècle."


Pour de plus amples renseignements, vous pouvez écrire à M. Jean-Pierre Lethuillier


Vous pouvez également consulter les résumés des interventions des précédentes sessions qui se sont déroulées du 4 au 5 mars 2011, 11 au 12 mars 2011, 12 au 13 novembre 2010, 5 et 6 mars 2010, du 13 au 14 novembre 2009, du 6 au 7 mars 2009, du 21 au 22 novembre 2008 et du 14 au 15 mars 2008.

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