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Accueil > Activités scientifiques > Activités antérieures (2008-2015) > Année 2008 > Colloque "Noblesse et Défense de l’Orthodoxie (XIIIe-XVIe siècle)" > Noblesse et défense de l’orthodoxie (XIIIe - XVIIe sècle)

Noblesse et défense de l’orthodoxie (XIIIe - XVIIe sècle)

Contexte et Objectifs

Ce colloque (12-13 décembre 2008) a pour objet l’étude de l’engagement des nobles laïcs dans la défense de cette orthodoxie dans l’Occident chrétien entre le XIIIe et XVIIe siècles, à l’exclusion des croisades contre les « infidèles ».


Ce colloque s’inscrit dans l’axe 1 (« cultures politiques et religieuses »), du CERHIO. Il correspond à l’une des thématiques centrales de cet axe autour du rôle des Eglises et, plus largement, des normes religieuses et politiques.

Un point fort de ce projet est de se placer à la rencontre de l’histoire médiévale et de l’histoire moderne. Le but est d’abord d’amener médiévistes et modernistes, français et étrangers, à comparer leurs historiographies, leurs méthodes et leurs résultats, au-delà de la cassure que représentent académiquement les réformes du XVIe siècle, mais aussi au-delà des sous-spécialisations chronologiques propres à chacune des périodes, à travers l’étude de quelques grandes crises religieuses, du catharisme au jansénisme. Il s’agit ainsi de s’interroger sur l’existence d’une dimension proprement religieuse au sein de l’ethos nobiliaire et d’en apprécier la nature et l’évolution.

Objectif

Il s’agit de comprendre la nature et les ressorts de l’engagement des groupes nobiliaires dans la défense de l’orthodoxie, d’en repérer les constantes et les variations à travers le temps et l’espace.

- Une première dimension concerne l’attention privilégiée au découpage chronologique. La défense de l’orthodoxie s’articule a priori de manière étroite avec les moments où l’institution ecclésiale juge l’orthodoxie remise en cause : la croisade albigeoise (XIIIe siècle), le franciscanisme spirituel (XIIIe-XIVe siècle), le wycliffisme (fin XIVe-début XVe siècle), le hussisme (XVe siècle), les différentes réformations (XVIe siècle), le jansénisme ou le piétisme au sein du catholicisme (XVIIe), les dissidences ecclésiologiques (puritanisme, presbytériens…) ou spirituelles au sein des protestantismes, en représentent autant de moments. Il s’agira cependant de vérifier la validité d’une telle hypothèse et à travers elle, la nature du lien entre situation de crise et défense de l’orthodoxie. Comment se définit et se met en jeu un processus de défense de l’orthodoxie ? Comment y est-il mis un terme et ce terme même a-t-il un sens ? A contrario, il s’agira aussi de s’interroger sur la perpétuation de pratiques sociales et politiques de défense de l’orthodoxie en dehors de ces moments de crise.

- Une deuxième dimension du projet concerne les formes prises par l’engagement dans la défense de l’orthodoxie. Ces formes renvoient d’abord à des pratiques sociales, qui vont des différentes figures du discours et de l’écrit, des formes d’expression dévotionnelle, aux engagements guerriers plus ou moins organisés. L’idéologie de croisade semble offrir, pour la noblesse et les situations de catholicité, un cadre d’enquête privilégié. Ces formes renvoient ensuite aux relations qui se nouent entre engagement individuel et engagement communautaire, que celui-ci réponde à des logiques familiales, clientélaires, partisanes, statutaires, géographiques ou résidentielles…

- Une troisième dimension porte sur les motivations des agents de la défense de l’orthodoxie. On se montrera attentifs, en particulier, au degré d’explicitation de ces motivations (de la part des agents eux-mêmes comme de ceux qui analysent ou commentent leurs actions), à leur degré de justification et de publicité, à leurs différentes temporalités enfin (depuis le temps de l’action ou de sa préparation jusqu’aux différents temps de la mémoire).

- En dernière instance, une attention privilégiée devra être accordée aux liens qu’entretiennent ces groupes nobles avec les pouvoirs souverains, lorsque ceux-ci se trouvent eux-mêmes engagés dans la défense de l’orthodoxie. La prise en charge de la défense de l’orthodoxie par les États souverains et les pouvoirs princiers n’est pas sans rejaillir sur la nature des relations unissant les noblesses aux autorités séculières. Il s’agit alors également de s’interroger sur les modalités d’engagement des nobles, soit aux côtés des pouvoirs souverains, soit, selon les cas, contre ces derniers. On s’interrogera également sur les situations où l’orthodoxie tend à s’affirmer contre certains groupes nobiliaires, qui sont alors amenés à développer diverses stratégies de défense et de justification de leurs identités.

Responsable scientifique :

- Ariane BOLTANSKI

Mots-clés

Colloque , Rennes