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Le Centre de Recherches Historiques de L’Ouest

Mis à jour le 31 janvier 2017

Le Centre de Recherches Historiques de l’Ouest regroupe des enseignants-chercheurs et des personnels d’appui à la recherche des universités d’Angers, Bretagne Sud, du Maine, de Rennes 2 et du CNRS.

Formation de Recherche en Evolution (FRE 2004), le CERHIO compte en 2017 soixante membres titulaires et autant de doctorants travaillant sur les quatre périodes de l’histoire, de l’antiquité au temps très présent. Leurs recherches portent sur des espaces géographiques variés et des organisations humaines diverses ; leurs objets sont pluridisciplinaires d’où des collaborations nombreuses avec d’autres disciplines : lettres, droit, science politique, géographie, sciences du vivant, médecine, environnement.

Les membres de l’unité travaillent sur toutes les sources classiques des historiens, des textes anciens et matériaux archéologiques aux sources orales et possibilités offertes par les humanités numériques. Il possède une expertise rare en recherche en archivistique.

L’unité porte des programmes de recherche structurant aux niveaux régional, national et européen, qui démontrent la capacité de l’unité à construire des programmes collaboratifs pluridisciplinaires et intersectionnels. Sa qualité scientifique a été très favorablement évaluée par l’HCERES en mars 2016.

Les axes de recherche de l’unité se développent dans trois directions :
- Enfance, genre et traces de soi : individualités et subjectivités en mouvements

Les recherches menées dans l’axe 1 traitent de la construction de l’individu et du sujet à travers l’histoire en mobilisant prioritairement deux entrées, celle de l’âge et celle du genre, et en proposant de déployer une méthodologie attentive aux documents d’archives personnels. Il s’agit de traiter tout à la fois de la construction des identités collectives et de la formation des groupes sociaux et de comprendre les processus d’individuation dans l’histoire, à travers la notion de subjectivité, mais aussi de saisir les trajectoires personnelles, les expériences vécues, les stratégies d’articulation de l’individu dans le corps social et dans différents réseaux. Les archives, surtout quand elles s’inscrivent dans une narration de soi, par exemple à travers les pratiques de la généalogie et de la généanautie, peuvent être envisagées comme un espace intermédiaire entre la société et l’individu, propice à son affirmation et à sa fabrique sociale.
Considérant que l’âge et le genre sont à la fois deux champs de recherche mais aussi deux outils conceptuels permettant de comprendre la formation des subjectivités, les recherches articulent histoire sociale, histoire culturelle et histoire politique. L’inscription de l’analyse dans le temps long nécessite bien sûr de se défaire de toute tentation téléologique afin que soient explorées dans leurs singularités et leurs diversités les expressions sociales, politiques et culturelles de ces subjectivités en construction, ancrées dans des contextes discursifs précis et des réalités socio-économiques particulières. Ainsi, il est également possible de comprendre comment à travers l’histoire, les processus de subjectivation, c’est-à-dire de prise de conscience par le sujet de sa propre individualité, ont pu permettre à certains mouvements sociaux, culturels et politiques de prendre corps, qu’il s’agisse du féminisme, des droits des enfants, des mouvements de jeunesse, des associations LGBT. Tous ces mouvements se caractérisent aussi par leur capacité à inventer leur propre rapport aux archives et à concevoir, tant du côté des usages que de la constitution des fonds d’archives et des collections de bibliothèques ou de la production éditoriale, des modalités particulières de consignation des traces collectives et individuelles. Nous nous interrogeons également sur les paradoxes de la subjectivation à travers la modernité, entre émancipation du sujet et nouvelles formes de discipline sociale.

- Ressources biologiques et construction des savoirs : circulations et usages

Les recherches menées dans l’axe 2 portent sur les savoirs relatifs aux ressources biologiques et la manière dont ils sont conservés, renouvelés et mis en pratique. D’une part, à l’échelle des connaissances et des représentations des ressources biologiques, il s’agit de confronter savoirs et usages, c’est-à-dire mettre en parallèle les processus d’acquisition des connaissances avec les techniques de transformation et les modes d’exploitation/consommation. D’autre part, à l’échelle des sociétés et de leurs évolutions, l’enjeu est de cerner les diffusions culturelles, les échanges techniques et les circulations économiques que les ressources biologiques génèrent sur la longue durée, de l’antiquité à nos jours. Une attention particulière est portée à la relation qui s’établit entre tradition et innovation, entre continuité et rupture, mobilisant et confrontant des modes de savoirs différents et des acteurs diversifiés. L’implication d’amateurs et de techniciens dans les processus de co-construction des savoirs scientifiques et de valorisation des savoir-faire techniques, professionnels et expérientiels doit nous permettre de mieux comprendre comment se constituent les savoirs et les usages que l’on en fait. La pérennité, l’effacement, ou même l’extinction des savoirs et des pratiques posent la question des formes, des supports et des vecteurs de leur transmission dans le temps.
Deux domaines thématiques sont principalement développés : celui des ressources végétales et celui des ressources marines. Celui lié au végétal permet l’analyse de rapports entre la pratique horticole et les sciences de la vie et examine les interactions entre la botanique, l’agronomie d’une part et la société d’autre part ; celui consacré aux ressources marines et littorales explore les thèmes de l’exploitation soutenable et de la surexploitation, étudie les espaces de conflictualité du partage des ressources et leur surveillance, ainsi que ceux de discordes qui se créent avec la mise en forme des diagnostics, des expertises et leurs traductions politiques. La connaissance, l’inventaire et la transformation des ressources nous amènent à évaluer les formes de synergie existantes entre des enjeux scientifiques, commerciaux et des bases culturelles dans une circulation à grande échelle des matériaux et produits biologiques.
Ces différents objets d’analyse nous conduisent vers la prise en compte des grands défis sociétaux actuels (développement durable, alimentation, santé, bien être, etc.) en apportant la connaissance du temps long à ces questions, celles-ci incluant les dimensions de l’usage des ressources par la redécouverte des pratiques techniques et culturelles anciennes.

- Communautés et pluralité : autorités, violences et coexistences.

Cet axe se situe au croisement de plusieurs champs de recherche dynamiques portant sur les formes d’articulations possibles entre l’intérêt collectif et l’existence d’une diversité inhérente à tout groupe, au sein d’une communauté d’appartenance ou entre communautés – politique, religieuse, économique, culturelle… Il s’agit donc de penser la communauté dans son unité et la variété de ses membres, de prendre en compte la pluralité et les défis que celle-ci a pu engendrer. Refusant une approche purement conceptuelle, les travaux de cet axe sont fondés sur la relation dialectique entre la théorie, la pratique et l’espace, qu’il s’agisse de l’investissement de son environnement par l’homme ou de l’influence des territoires sur les formes de régulation sociale. Sont principalement étudiés les espaces européens depuis l’Antiquité gréco-romaine jusqu’aux sociétés du temps présent, mais aussi les lieux où cette Europe se projette.
L’autorité joue un rôle crucial pour maintenir la cohésion et les équilibres internes de la société en imposant une norme et une administration commune, mais aussi en partageant la prise de décision et l’exercice du pouvoir, en attribuant des privilèges à certains groupes etc. La question des tensions et des crises - intra et intercommunautaires - suscitées par des intérêts parfois contradictoires peut être abordée sous l’angle des différentes formes et usages de la violence (révoltes, conflits, guerres…) et selon des échelles variables. Mais une société ou une communauté ne saurait subsister sans un minimum de valeurs communes, qui sous-tendent l’établissement de liens, qu’ils soient sociaux, politiques ou religieux, et la constitution d’identités qui peuvent elles-mêmes être plurielles. A contrario, l’extrême pulvérisation des liens au sein de la communauté peut en cacher la faiblesse, jusqu’à en menacer la cohésion. A cet égard, les notions de « tolérance », de « laïcité », ou, plus récemment, de « pluralité » et de « diversité » ont pu être invoquées afin d’assurer la cohésion d’une société par-delà les différences qui la traversent.
D’un point de vue diachronique, la question fondamentale est bien celle du passage de sociétés pensées selon une conception « organique » et à dominante monoculturelle, à des sociétés fondamentalement multiculturelles et conçues selon une approche « mécanique ».